Amon Ra se lève à Louvain-la-Neuve
Il est 4 heures du matin. Nuit. Quelques fenêtres éclairées aux
maisons de lève-tôt ou d’amoureux de l’aurore. Dans le Val des
Bruyères, à Louvain-la-Neuve, des ombres nocturnes assises à même
le sol, enveloppées dans leurs couvertures.
Quelques feux font danser leurs flammes en reflet sur les visages.
Les minots se frottent les yeux en ce réveillon de début d’été.
Au centre, la chorale de la Badinerie. Aux alentours, les oiseaux
de nuit attendent. De même que merles, mésanges et autres
chardonnerets. Le monde entier attend. Le monde se fige.
Et s’Il
ne venait pas, comme le craignaient les Incas ou les Egyptiens ?
Moment de silence. Silence palpable et boule dans la gorge. Moment
d’éternité. Soudain siffle le premier merle, puis un second. Au
bout de l’horizon, du côté de l’est, apparaît une mince ligne
rose. Et en ce tout début de printemps, dans la fraîcheur du petit
matin, la chorale se met à chanter pour saluer le soleil. Le
retour de la chaleur. Le bonheur de la belle saison. Le sourire
des enfants. Le retour de la vie. L’oubli des peurs. Du froid, de
la maladie, de la mort.
Et dans l’atmosphère rose de ce début de
journée montent vers le ciel les chants de la chorale que tente de
rejoindre le soleil.
Vive la vie !
J.L. Hoste - Passe-Partout - juin 2007